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L’écoute de l’autre si recherchée, si souvent maltraitée !

Nous sommes fondamentalement des êtres de relation. Nous avons besoin de nous sentir reliés, à chaque instant de notre vie, à des êtres significatifs, à des personnes qui ont du sens pour nous.

Relié ne veut pas dire attaché, cela veut dire qu’il existe un lien subtil ou fort, actualisé ou en attente entre nous et un autre. Un autre de qui nous attendons qu’il soit ouvert, présent ou disponible et susceptible de nous entendre.
Ce qui signifie que parmi nos besoins vitaux les plus essentiels, il y a celui de pouvoir se dire et d’être entendu.

Mais nous vivons une époque peu propice à l’écoute et cependant le besoin d’être écouté et entendu n’a jamais été aussi intense chez beaucoup d’entre nous. Nous avons, les uns et les autres, au quotidien ou à différents moments de notre vie, besoin d’être écouté dans nos sentiments réels, dans nos ressentis, dans nos expériences et surtout à partir de nos interrogations et de nos doutes.

Nous avons besoin d’une écoute centrée à la fois sur notre personne et sur ce que nous avons à dire. Nous souhaitons même une écoute active qui nous aide à oser dire ce qui nous semble parfois difficile à exprimer.
Une écoute active supposera quatre ressources chez l’écoutant (ressources qui sont souvent aujourd’hui, dans notre entourage proche, en voie de disparition !) : du temps, de la disponibilité, de la tolérance et du respect.
                                                     
L’écoute est un des fondements du dialogue, c’est même l’élément dynamique qui va nourrir le partage, pour permettre en particulier à celui qui parle de se sentir reçu, entendu, reconnu et aussi de mieux entendre, au travers de l’écho, renvoyé par l’écoutant, ce qu’il tente de dire. Car c’est souvent en direction de nous- mêmes, d’une partie de nous que nous parlons. Nous avons besoin d’autrui pour mieux nous entendre et par là même mieux nous comprendre et donc mieux nous rencontrer dans nos possibles et nos limites. La non écoute qui sévit dans le couple, la famille, le monde du travail fait que de plus en plus de personnes se tournent vers ces professionnels, psychologues, psychanalystes, psychiatres ou psychothérapeutes.

Je rattache cela à plusieurs facteurs. Le présent est tumultueux, l’avenir incertain, pour ne pas dire inquiétant et le passé nous taraude, car porteur, trop souvent de situations inachevées.

L’incommunication domine, nous sommes au siècle d’une incommunication quasi généralisée, car confondue avec la circulation de l’information. On croit que l’on a communiqué parce que l’on a envoyé un message, sans pressentir qu’il peut ne pas arriver, être déformé, entendu autrement ou phagocyté par le récepteur qui va l’utiliser à son seul profit.

Malgré des outils fabuleux comme internet, le téléphone, la télévision, la radio, la presse, on n’a plus le temps de se parler, d’échanger, de partager. Donc de plus en plus de personnes se tournent vers des psy, et je ne considère pas cela comme un progrès. Quand une personne est en souffrance, traverse un passage difficile, a besoin d’aide, c’est tout à fait normal qu’elle puisse faire appel à un professionnel des relations humaines, pour dépasser ses difficultés. Mais que nous soyons obligés de payer quelqu’un, pour pouvoir dire le plus intime de sa vie et être entendu, là est un des grands scandales de notre époque.

Autrefois la Communauté proche, des voisins, des amis, des personnes plus âgées vers qui on pouvait se tourner et qui avait du temps, une ouverture pour que nous puissions déposer ce qui pesait trop lourd ou ce qui nous préoccupait avec trop d’acuité. L’Église remplissait aussi cette fonction, un prêtre, un pasteur avait cette disponibilité, cette attentivité au besoin de se dire et d’être entendu.

On m’a souvent demandé : Qu’est-ce qu’une bonne écoute ?
Quelle est la bonne distance à avoir et quelles sont les qualités dont il faut disposer ?

Tout d’abord dire que l’écoute répond à deux de nos besoins relationnels parmi les plus vitaux: celui d’être entendu et celui d’être reconnu. Une bonne écoute est ressenti, par celui qui parle, quand l’écoutant par son attitude montre qu’il est capable de se décentrer de lui même pour se centrer sur celui qui s’exprime. Non seulement se centrer sur ce qu’il dit, mais sur ce qu’il exprime avec les autres langages non verbaux: émotions, gestes, attitudes physiques …
L’écoute en effet prendra en compte tous les langages qui sont à notre disposition pour dire (ou ne pas dire parfois avec l’espoir d’être entendu quand même !).

Il est important de trouver la bonne distance qui sera fonction de l’intimité, de la confiance qui existe dans une relation au présent entre deux protagonistes d’un échange.

Parfois elle sera proche, pour pouvoir éventuellement se toucher, esquisser un geste ou d’autre fois elle devra rester à distance pour ne pas interférer dans la zone d’intimité ou le ressenti de celui qui est en face de nous.

Les qualités d’un écoutant se manifestent sur plusieurs registres: disponibilité, ouverture, empathie, capacité à se décentrer c’est à dire à ne pas réagir, distanciation par rapport au contenu exprimé, par rapport aussi à son propre retentissement afin de ne pas se laisser entraîner à vouloir répondre, rassurer ou convaincre.

Il existe de nombreuses associations en plein développement qui proposent une écoute chaleureuse et anonyme. Elles sont à disposition du plus grand nombre de ceux qui traversent des difficultés dans différents domaines: le couple, les enfants, le monde du travail, la relation à soi, les choix de vie atypiques. Les services qu’elles proposent sont gratuits, avec des écoutants disponibles pratiquement à tout heure du jour et de la nuit. Ces écoutants reçoivent une formation, ils sont le plus souvent supervisés et font un travail de guidance, de soutien et de réparation exemplaire, ils sont discrets, respectueux et trop souvent méconnus. Ils sont semblables à des urgentistes pour des communications douloureuses, des dépanneurs de relations en souffrance. Et même si on n’utilise pas leur service, le fait de savoir qu’ils sont là, constitue un soutien important.

Si l’une ou l’autre de ces dimensions manquent l’échange sera asymétrique et ne favorisera pas le développement d’une relation vivante, stimulante et bienveillante.

par Jacques Salomé

Source :  Kiwi-organisation.org

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